Stage de Vernet-les-Bains, été 2004

Une semaine inoubliable !

"Je n'aurais jamais osé imaginer qu'une telle chose puisse exister, même dans mes rêves les plus fous"
Mario Madrona

"J'ai autant ri en une semaine que durant toute une année"
Isabel Habilis

Nos deux Ibériques, Mario et Isabel, dont les propos sont pétris de sincérité et de gentillesse, ont exprimé à merveille le sentiment général à l'issue d'un stage aussi riche en contenu othellistique qu'en convivialité, joie et plaisir partagé. Je vous invite à lire ou relire un récit façon carnet de voyage signé Stéphane Nicolet, brillant organisateur en chef. Un texte illustré par une petite quarantaine de photos, la plupart prises par Monique et Isabel et légendées par moi-même.
Thierry Lévy-Abégnoli

Liste des participants

Serge BENOIT
Pablo CASALS
Arnaud DELAUNAY
Stéphane DOUSSE (Suisse)
Isabel HABILIS (Espagne)
Monique LECAT (Belgique)
Thierry LEVY-ABEGNOLI
Mario MADRONA (Espagne)
Stéphane NICOLET
Frédérique et Marc TASTET

Matériel

8 grands jeux Tsukuda de la FFO
6 petits jeux Mattel de la FFO
8 horloges électroniques de la FFO
2 collections d'articles de FFORUM et de JEUX&STRATEGIE et de la Revue Anglaise
3 ordinateurs PC (Thierry, Monique, Marc) et un Mac (Marc)
1 rétro-projecteur prêté par l'école de Monique
4 voitures (Thierry, Mario, Marc, Serge) pour les voyages aller/retour et les ballades sur place


Samedi après-midi

- Arrivée des participants entre 14h et 16h.

- Présentation des chambres par l'équipe VTF. Premières doléances : une seule clef par chambre, pas de téléphone dans les chambres, pas d'accès Internet. J'ai oublié mon chéquier pour faire le chèque de caution. Thierry le fait à ma place.

- Léger flottement : les répartitions dans les chambres ne correspondent pas à celles que j'avais transmises aux commerciaux de Paris et d'Aix-en-Provence par téléphone. Thierry et Isabel ont les deux chambres seules et sinon : Mario/Stéphane D., Serge/Stéphane N., Arnaud/Monique et Marc Tastet/Frédérique Tastet. Stéphane N. et Arnaud permuteront le lendemain.

- Parties informelles dans le hall d'entrée.


- Pendant ce temps, le directeur me présente les trois salles avec lesquelles nous aurons à jongler : la salle de spectacle du centre, alias salle Pablo Casals. Grande (20mx20m), estrade, cabine et écran de projection, tables et chaises, etc. Dispo de 8h à 18h30, sauf dimanche après-midi et vendredi après-midi. La salle de peinture des 9-12 ans, alias salle du bout (4mx8m), placards de rangement, vue sur les ascenseurs extérieurs (dispo 20h à 9h). La salle du petit-déjeuner, vue sur le parking et les poubelles, grandes verrières ensoleillées empêchant toute pénombre pour le rétroprojecteur. Dispo de 11h à19h30, sauf les jours de pluie.


- Conditions de fonctionnement : demander l'ouverture de la salle Pablo Casals le matin à la réception, demander la clef de la salle du bout le soir et la remettre en sortant dans la boîte aux lettres. A mon air étonné, le directeur fait de l'humour et m'explique en substance qu'une boîte aux lettres est un parallélépipède allongé muni d'une porte.

- Autres conditions de fonctionnement : fermeture de la réception, du bar, du coin télé, etc. à 22h. Plus aucun bruit à partir de 22h30. En particulier, interdiction de déplacer les tables et les chaises dans la salle du bout parce que les familles dorment au-dessus. A ma question de savoir si on peut déplacer la table de ping-pong dans la salle Pablo Casals pour y jouer le soir et moins déranger, réponse instantanée : "déplacer la table de ping-pong, vous oubliez". J'envisage sérieusement de demander l'asile politique à Font-Romeu.

Samedi soir

- Au café sur la place principale de Vernet-les-Bains pour souder le groupe. Tour de table, attentes et propositions de séance de chacun des participants.

- Le soir, blitz informels. Pendant ce temps, avec Monique : planning prévisionnel.



Dimanche matin, salle Pablo Casals

- 10h-12h : pot d'accueil aux vacanciers. Programme prévu : discours infantilisant du directeur, présentation en musique de l'équipe des animateurs, petit verre. Je craque au bout de cinq minutes. Les autres refuseront de me raconter la suite.

- Pendant la fin, au supermarché dans la voiture de Marc pour acheter eau, biscuits, stylos, papier, etc.

Dimanche après-midi, salle Pablo Casals

- Exposé de Marc : lors de la finale de la partie Brightwell-Tastet, International de Paris 2003, à partir du coup 44. Comment faire jouer le piège de Suekuni, et arnaques multiples aux coups 49-50. Au passage, on apprend qu'arnaque se traduit par estaffette en espagnol.

- Exposé de Monique et Serge : étude d'une "parité foireuse", d'après une position atteinte la veille dans une des parties informelles de l'après-midi. A retenir : les caméras numériques (appareil photo, téléphone portable) sont idéaux pour photographier une position.

- Marc et Stéphane N. : commentaire de la partie Nicolet-Berg, Bruxelles 2002. Piège de l'âne et compagnie. On aurait dû s'arrêter avant l'analyse de la finale, qui n'apporte rien.

- Mario dégoûte tout le monde au ping-pong. Du coup, l'idée du tournoi de ping-pong est retirée du planning prévisionnel.

Dimanche soir

- Tournoi blitz dans le hall d'entrée. Marc ne joue pas. Mario gagne. Gros succès d'estime auprès des vacanciers.



Lundi matin

- Pendant le petit déjeuner, le directeur me prend à part : "Je dois vous parler. Je ne peux pas vous laisser la salle du bout le soir si vous la laissez dans cet état." C'est un malentendu : nous avons soigneusement évité de ranger la salle la veille au soir pour éviter de faire du bruit mais il faut qu'elle soit propre à 8h du matin quand les animatrices préparent leur journée, et non pas à 9h comme je le croyais. Serge et Arnaud se chargeront de ranger la salle tous les matins avant le petit-déjeuner (merci!).

- Exposé de Mario sur l'ouverture Tanida, en espagnol. Brillant, applaudissements.

- Débat (Stéphane N.) : comment étudier une ouverture, avec les variantes de l'exposé précédent comme exemple.
a) Phase sans ordinateur. Identifier et jouer rapidement les coups évidents : accès, frontière, centre, minimisation, séquences de bords.
b) Réfuter les coups évidents : contrôle des mini-diagonales, accès aux cases critiques, amélioration des séquences de bords.
c) En déduire les plans qui marchent et les plans qui ne marchent pas dans cette ouverture. Notion de coup thématique = bon coup qui se retrouve dans plusieurs variantes de l'ouverture.
d) Comparer les variantes. Valuation des branches par minimax (où l'évaluation ne se résume pas forcément à la note de WZebra mais doit tenir compte de la complexité des lignes, des risques encourus par les deux joueurs, du style de jeu développé, etc.) Avoir des raisons objectives et conscientes pour préférer telle ou telle variante.
e) Quand faut-il s'arrêter d'approfondir les variantes ?
- Le but est de garder la maîtrise de la partie.
- Ne pas faire de science-fiction : danger de diverger vers l'étude d'une position au coup 30 quand il y a quinze coups jamais joués en tournoi entre la position de départ et la position sur l'othellier.
- Idée : s'arrêter dès qu'il y a plus de deux thèmes de milieu de partie dans la position ou dès que l'adversaire a plus de deux bons coups dans la position.
f) Notion de répertoire d'ouvertures.
- Choisir dès le départ une stratégie d'exploration en largeur d'abord (savoir jouer à peu près tout, bien, au début pour trouver son style) ou en profondeur d'abord (se focaliser sur un très petit nombre de variantes ; peut-être plus efficace mais ne risque-t-on pas de se lasser plus vite ?).
- Garder l'équilibre étude entre Blanc/Noir. En pratique, 80% du temps d'étude d'ouvertures des forts joueurs semble consacré aux Noirs ? Cause ou conséquence de la vieille impression que c'est Noir qui attaque dans l'ouverture, et Blanc qui défend ?



g) Gérer les ouvertures dans une compétition : avoir des ouvertures de rechange. Quand faut-il changer d'ouverture dans un tournoi : après la première, deuxième, troisième défaite ? Avis divergents. Faut-il vraiment garder ses ouvertures préférées pour la finale du championnat du monde ?
h) Gérer les ouvertures dans une saison : prendre conscience des effets de mode.

- Conclusion personnelle du débat : il manque un tableau noir pour ce genre de discussion abstraite (pour marquer le plan). Je ne parle pas assez fort.


- On téléphone à Emmanuel Lazard à Paris pour qu'il nous envoie par la Poste les bulletins d'adhésion, kits pour nouveaux adhérents et anciens numéros de Fforum que j'avais bêtement oublié d'emporter de Paris. L'enveloppe arrivera le lendemain à 10h (merci). Du coup, les efforts de prosélytisme des participants au stage vis-à-vis des vacanciers et du personnel VTF (avec une mention spéciale à Serge Benoit et Arnaud Delaunay, constamment au contact) pourront s'appuyer sur du matériel concret.

Lundi après-midi, salle Pablo Casals

- Parties bavardes par équipes : Arnaud/Serge vs Marc/Monique et Mario/Isabel/Thierry vs Stéphane N./Stephane D. Parties au temps (2x20 min), les équipes ont droit d'analyser sur leur propre othellier en discutant, loin de l'équipe adverse. Parties de bonne qualité, la difficulté est de communiquer dans l'équipe et le danger que les "têtes de séries" n'imposent leurs vues aux autres.




- Parties silencieuses par équipes : 2x10 min. Cette fois la difficulté est de se projeter dans l'esprit de son/sa partenaire pour comprendre ses idées et faire marcher ses plans. On peut neutraliser le meilleur joueur de l'équipe adverse en jouant un coup qui appelle une réponse forcée évidente.

- Volley-ball. Thierry se fait une entorse à la cheville droite. Du coup, (presque) tout le monde termine à la piscine.



Lundi soir, salle du bout

- Compétition de finale avec le logiciel Happy-End de Beppi Menozzi. On projette des positions de finale (à quatorze cases vides) sur le mur, issue de la base WThor, puis chacun annonce le coup qu'il jouerait dans la position. Au bout de vingt-quatre positions, on fait les comptes : le gagnant est celui qui a perdu au total le moins de pions par rapport au top donné par l'ordinateur. Très convivial. Je gagne, mais Marc, qui avait le désavantage de manipuler l'ordinateur et devait rentrer les coups de tous les joueurs, fait remarquer à juste titre qu'il optimise plus puisqu'il fait certes plus d'erreurs, mais qui perdent moins de pions en moyenne.

Mardi matin

- Nous sommes enfermés dans des salles de cours depuis deux jours (Serge : "entre la salle U ou V et la salle du bout, les othellistes ont vraiment une mentalité de rat"). Il faut sortir de là.
Virée à Prades. Les Espagnols sont fascinés par le génie du clavier Azerty des ordinateurs de la médiathèque où, c'est un signe, nous nous précipitons pour relever nos emails. Surprise : Tamenori vient de gagner le championnat du Japon. Exposition sur Pablo Casals.

Mardi après-midi, salle Pablo Casals

- Exposé de Thierry sur les stoners contrés (Fforum, le magazine le plus rapide de l'ouest : l'article correspondant paraîtra le surlendemain dans Fforum 73) et exercices pratiques tirés de l'article de Manu Lazard dans Fforum 22.

- Les structures (Stéphane N.)

a) Qu'est-ce qu'une structure ? Configuration locale de pions, considérée indépendamment de la couleur des autres pions de l'othellier, de la suite de coups ayant amené à la configuration ou des problèmes tactiques d'accès.

b) En anglais, structure = shape = pattern (cf. pattern matching). Lien avec l'histoire de la programmation d'othello : 1980, tables unicolores (binaires) sur les six cases centrales du bord ; 1984 : Compoth, bords + 2X; 1990, Logistello, trente-six patterns différents (huit lignes, huit colonnes, dix-huit diagonales, huit blocs 2x5 dans les coins, quatre blocs 3x3 dans les coins). Plus de calculs de frontière ni de mobilité, seulement une estimation de l'espérance de gain, sur des centaines de milliers de parties d'une base de données de parties, de chaque structure indépendamment les unes des autres.

c) Importance de valuer les structures dans sa tête. Exemples avec les structures suivantes :

Dans le coin a1, c'est la paire qui perd. Je suis prêt à sacrifier une quinzaine de pions définitifs ailleurs pour donner ça à mon adversaire si je pense que je pourrai jouer les deux derniers coups de la partie dans une telle configuration.
Dans le coin a1, c'est un coup tranquille quasi assuré pour Noir pour tuer en finale. Mais si la case a2 (le point d'interrogation) est noire, cela risque de se transformer en paire qui perd quand je jouerai b1. La valuation de cette structure dépend de la couleur de a2.

Structure faible = pions définitifs potentiels pour l'adversaire. Penser à sacrifier des vrais pions définitifs, pour éviter de donner des pions définitifs potentiels.

d) Intérêt des structures : l'abstraction. Plus stables que les pions, donc permettent de faire des plans à long terme. Une partie n'est plus une suite de coups mais une suite de (modifications de) structures. Coup = lettre, structure = mot, partie = phrase (Serge Benoit : "voire partie = poème, n'oublions pas la dimension esthétique").

e) Feuilles de diagrammes vides ou chaque participant devait dessiner en dix minutes toutes les structures qu'il connaissait. Essayer de séparer les structures de séquences de bord, de milieu de plateau et de coin. Les résultats vont de structures à 3 pions (attaque de bord droite/diagonale) à des structures à 18 pions (Marc, arnaque case X -> coin après une insertion sur un bord de cinq).

f) Exemple concret de décorticage d'une structure : le bord bi-bi. Compter les temps. Double sacrifice des cases X et jouer dans le trou, etc.


Mardi soir

- Je rate le coche : c'est à ce moment-là que l'on aurait dû placer la réunion de mi-stage promise, qui nous aurait permis de faire le point sur le rythme du stage et de recadrer dans le planning les exposés correspondant aux attentes du début (Marc : comment s'améliorer en milieu de partie ? Arnaud : comment améliorer son classement ? Stéphane D : comment gérer le zeitnot ? Mario : quand je me suis inscrit au stage, je croyais que c'était un tournoi). Au total, nous regretterons de ne pas avoir abordé ces sujets durant le stage.

- Diplomacy. Monique, qui fait l'arbitre, s'amuse bien en nous regardant négocier. On le savait déjà mais Diplo comme révélateur accéléré des caractères des joueurs, ça marche plutôt bien.

Mercredi matin

- Montée à Saint-Martin du Canigou. Quatre cents mètres de dénivelé dans le brouillard pour arriver dans une abbaye romane du XIe siècle, abandonnée en 1783 et remise en activité au début du XXe. Je me suis senti mal dans la crypte sous l'église. Au début, je croyais que c'était l'idée de piétiner là, sous le tapis, toutes les tombes des abbés successifs, mais la guide m'a plus tard expliqué que c'était l'effet des huit siècles de prière bénédictine. Ce n'est pas forcément contradictoire.




Mercredi soir

- Diplomacy. Trahisons en pagaille dans les Balkans. Mario (Autriche-Hongrie) et moi-même (Italie) nous faisons éjecter de la carte.



Jeudi

- 10h15 : départ en voiture pour l'ascension du Canigou. 10h30 : arrêt devant un gros panneau rouge tout neuf expliquant que les derniers 14 km de la piste menant au refuge que nous visions est interdite à la circulation des particuliers entre 8h et 18h, et que seules les compagnies de 4x4 assermentées ont le droit de passer, et que 135 € d'amende aux contrevenants. Flottement. Idée : on pourrait demander au VTF, qui nous avait conseillé de prendre cette route, de payer les 135 €. Mauvaise idée. Bizarrement, il y a un camping avec une buvette à côté du panneau. Jus de pomme. On nous conseille d'utiliser l'autre piste menant au même refuge, qui part de l'autre côté de la montagne et qui est seulement un peu plus longue : 20 kilomètres pour aller la prendre et 21 km (2h30) de montée. C'est là que l'idée que l'arête sommitale du Canigou pourrait nous attendre un an de plus commence à poindre dans le groupe. Départ pour le lac des Bouillouses à 50 km de là, mais par une route asphaltée dont seuls les 12 derniers kilomètres semblent vraiment difficiles. Je suis d'autant plus affirmatif et rassurant pour les conducteurs des voitures (merci à eux) que je me souviens bien du Lac des Bouillouses qui est tout près de Font-Romeu : nous avions déjà fait cette balade il y a huit ans lors d'un stage précédent. D'ailleurs, ça tombe bien pour les conducteurs, à 12 km du lac, nous sommes arrêtés par un joli panneau vert tout neuf expliquant que la route est interdite à la circulation des particuliers mais qu'il y a un système très pratique de navettes municipales partant du camping pour monter au lac. En haut, pique-nique à bord de l'eau et montée à 2200m vers le plateau qui surplombe le lac artificiel pour admirer les étangs (naturels) du Puig Carlit. C'est joli.




Panoramiques (cliquez sur les liens pour voir des photos panoramiques grand format) :
1. Comme si vous y étiez !!!
2. Le même lac mais avec les jumeaux Delaunay, Dousse, Benoit et Madrona...

Vendredi matin, salle Pablo Casals

- Exposé de Thierry et Marc sur la "ruse du T". Inversion de la parité, valeur d'une quinzaine de pions et problèmes d'accès. Récursivité des modifications de structures. Marc nous montre la partie Tardia-Tastet, International de Rome 1994, où il a arnaqué son adversaire.

- Parties Zebra-Cassio. On peut se demander si des parties comme ça en séance plénière sont vraiment pertinentes, surtout si c'est pour voir Cassio perdre 2-0.

Vendredi après-midi, salle du petit déjeuner

- Tournoi de 2x10 mn sur les parties avec contraintes. Chacun tire dans un chapeau, avant chaque partie, un petit papier comportant une contrainte ("je contrôle le centre", "je bétonne", "je ne prends pas de bord déséquilibré", "je fais des tables", "je garde toujours tous mes pions connectés et j'isole les pions de l'adversaire", "je donne un coin entre les coups 30 et 35", "je gagne en contrôlant une diagonale", "je joue tout pour la parité", "je joue au moins un coup cool") et la garde secrète. A la fin de la partie, les deux joueurs négocient pour savoir si chacun a respecté son contrat, avec une amende pouvant aller jusqu'à cinq pions dans le cas contraire.

- Avis contrastés : Marc estime que les contraintes déforment trop le jeu et que la formule est ridicule et sans intérêt, d'autres sont étonnés de constater que l'obligation de forcer d'autres chemins de réflexion leur permet quand même de trouver de bons coups. Quant aux Espagnols, ils auraient bien aimé qu'on leur traduise l'énoncé des contraintes avant la fin de la partie. Mais ils trouvent quand même ça assez marrant.







Vendredi après-midi (suite)

- Commentaire par Marc de la partie Sakaguchi-Tamenori, finale du championnat du Japon 2004. Sakaguchi se fait exploser dans l'ouverture : il semble improviser dès le coup 11 (11.f6 est mieux car cela force 12.c3, qui revient dans des suites ressemblant aux coup 8.g5 d'évitement de la Rose), ensuite 14.h3 est le bon coup sur le bord pour prendre cette case critique à Noir, et 22.f7 est le coup qui tue car Noir ne peut pas reprendre le bord de droite. Mais Tata oublie de taniguchiser en jouant 32.b7 avec la suite 32.b7 c4 d2 c2 c1 b6 a6, et la partie se complique et se rééquilibre. Suite parfaite après 44 (que l'on peut obtenir par interversion) : 45.b2 a2 b3 a1 b1 h2 h1 f1 h8 g7 e8 a8 a7 a5 b7 a6 32-32, dans laquelle tous les coups raisonnables pour remplir le trou sud-ouest font nulle. On ne sait pas si la nulle suffisait à Sakaguchi, qui jouait les Noirs, pour devenir champion du Japon. Conclusion : Tata sait toujours bétonner mais il faudra lui montrer à Londres comment jouer correctement la structure de bord bi-bi au sud.


Vendredi soir

- Soirée mystique : concert de musique classique par un octuor de violoncellistes Catalans français et espagnols (ou plutôt, comme ils disent, Catalans du nord et Catalans du sud) dans l'église baroque de Vinca, près de Prades. Les deux pièces les plus appréciées ont été les Brésilianas de Villa-Lobos (planant) et San Martin del Canigou, de Pablo Casals.


Samedi matin

- 10h-11h : réunion de bilan de stage. Formalités financières et administratives (Mario et Isabel adhèrent à la FFO pour nous remercier), puis on passe au tour de table pour trouver les points forts et les points faibles du stage. À retenir si possible pour l'année prochaine, en plus des détails dont j'ai déjà parlés : avoir une salle que l'on sait s'approprier ; mieux respecter les horaires ; peut-être trouver un autre hébergement ; jouer plus à othello ; faire plus de sport; faire un vrai tournoi agréé FFO en clôture ; faire moins de cours magistraux ; faire plus de cours magistraux, mais seulement le matin ; laisser bien chercher les autres quand on réfléchit tous ensemble sur une position ; éviter de trahir ses amis à Diplomacy.
Merci à tous ! C'était super !

Stéphane Nicolet

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